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Vignacourt 14-18 – Les Diggers perdus de Vignacourt

Two Australian soldiers photographed at the Thuilliers’ studio in Vignacourt (AWM P10550.049)

Actualités

Posté le 23 mai 2025

À quelques dizaines de kilomètres en retrait du front occidental se trouve le village de Vignacourt. C’est dans ce village, qu’un couple d’agriculteurs passionnés de photographie, Louis et Antoinette Thuillier, a immortalisé le portrait de nombreux de ces visiteurs. Considérées comme perdues après la guerre, ces photos ont été redécouvertes en 2011 et sont exposées depuis 2014 au Centre d’interprétation de Vignacourt 14-18, permettant aux visiteurs de découvrir les portraits de ces hommes à travers le monde.

L’Histoire

Entre 1914 et 1918, alors que la mobilisation générale appelle tous les hommes en capacité à combattre pour défendre la France face aux assauts allemands, Louis Thuillier, agriculteur du village de Vignacourt, est enrôlé. Blessé au combat et démobilisé au début de la guerre, il rentre chez lui au côté de sa femme, Antoinette, et de leur jeune fils, Robert.  À mesure que la guerre progresse et que la ligne de front se stabilise à quelques dizaines de kilomètres à l’est, Vignacourt devient une base alliée importante et le point de passage de nombreux soldats et civils, notamment issus de Grande Bretagne et des colonies.

Vignacourt, France. Soldat australien non identifié se tenant dans une rue du village.
Vignacourt en 1919. Soldat australien non identifié se tenant dans une rue du village. AWM E05280.

Grands amateurs de nouveautés et possédant un appareil photo à plaques, fait rare pour l’époque, ils créent leur propre petit studio de photographie dans la cour de leur ferme. A partir de là, ils commencèrent à prendre en photos soldats et civils de passage dans le village.

Les photos étaient ensuite imprimées sur des cartes postales au moyen d’une technique d’huile et d’eau. De nombreux soldats australiens pouvaient ainsi les envoyer à leurs proches.

Les images montrent des aspects différents du front occidental, de la vie militaire jusqu’aux amitiés formées entre soldats et habitants. De nombreuses photos sont informelles et décontractées, montrant des hommes essayant de se divertir à distance du front. Pour beaucoup, il s’agit malheureusement des dernières images prises avant d’être tués sur les champs de bataille.

Portrait de deux soldats australiens non identifiés, peut-être de la 5e division.
Portrait de deux soldats australiens non identifiés, peut-être de la 5e division. Pris par Louis et Antoinette Thuillier à Vignacourt, en France, entre 1916 et 1918. AWM P10550.441.

Portrait d'un soldat britannique non identifié du Royal Engineers sur une moto
Portrait d'un soldat britannique non identifié des Royal Engineers sur une moto Triumph Model H. AWM P10550.149.

Au total, ce sont près de 4000 plaques photographiques qui ont été prises par le couple mais qui au lendemain de la guerre furent remisées dans le grenier de la ferme avant de tomber dans l’oubli. Certains de ces clichés sont développés dans les années 90 à l’occasion du baptême de la rue des Australiens de Vignacourt. Une rumeur commence alors à se propager qu’il existerait des photos disparues de soldats de la Première Guerre mondiale.

Portrait de groupe de six soldats australiens et britanniques non identifiés.
Portrait de groupe de six soldats australiens et britanniques non identifiés. Portrait de groupe de six soldats australiens et britanniques non identifiés. AWM P10550.002
Portrait de groupe de soldats alliés (peut-être du Népal) et de Robert Thuillier, le fils des photographes.
Portrait de groupe de soldats alliés (peut-être du Népal) et de Robert Thuillier, le fils des photographes. AWM P10550.125.

Le Centre d’Interprétation

En 2011, une équipe de télévision australienne de la chaine Seven Network mène l’enquête et rencontre une descendante du couple Thuillier habitant toujours Vignacourt, Madame Henriette Crognier, qui savait où était conservée la collection pendant toutes ces années. Dans le grenier de l’ancienne ferme Thuillier sont ainsi retrouvées les 4000 plaques photographiques du couple Thullier. L’engouement local et australien ne se fait pas attendre.

Kerry Stokes, le président de Seven Network, racheta la collection et rapatria les négatifs pour les restaurer. Il fit ensuite le don de plus de 800 négatifs à l’Australian War Memorial. La collection est à présent connue sous le nom de « les Diggers perdus de Vignacourt ».

Le Centre d’interprétation Vignacourt 14-18

En 2012, suite à l’engouement de l’exposition de ces photos à l’occasion du premier Anzac Day de la commune, la municipalité décida d’acquérir la ferme Thuillier, alors à vendre, pour y créer le Centre d’Interprétation Vignacourt 14-18. Aujourd’hui, celui-ci propose de découvrir ces nombreuses photos de ces soldats et civils, dont les portraits parfois souriants, tristes ou rêveurs invitent les visiteurs dans un parcours d’émotions.

L’interieur du Centre d’interprétation Vignacourt 14-18

Informations pratiques

Horaires

 

Haute saison : (avril à octobre)

Du mardi au vendredi : 10h – 18h

Samedi et dimanche : 14h – 18h

Fermé le lundi

Basse saison : (novembre à mars)

mardi au vendredi : 13h30 à 17h

samedi : 14h00 à 17h

Fermé le dimanche et le lundi

Fermeture en décembre

Tarifs

 

Tarif plein : 5€

Tarif réduit : 3€ (sur justificatif : demandeurs d’emplois, étudiants, Anciens combattants, Habitants CCNS / groupes à partir de 15 personnes)

Scolaire : 2€ (Accompagnateur gratuit)

Enfant de -12 ans : 2€

Pass annuel : 20 €

 

Adresse : 196 rue d’Amour, 80650 Vignacourt

Site internet

Téléphone : 06.73.69.55.49

Email: [email protected]

En plus de l’accueil des visiteurs, le Centre d’Interprétation s’adonne également à la tâche immense de l’identification des soldats, un travail laborieux qui a déjà mené à l’identification de soldats, comme James Dillon, ou bien les frères Charles et James Stokes.

 

Portrait de James Dillon, collection Thuillier de plaques photographiques, par Louis et Antoinette Thuillier, Vignacourt, France.
Portrait de James Dillon, collection Thuillier de plaques photographiques, par Louis et Antoinette Thuillier, Vignacourt, France.
[FR] Portrait du conducteur James Stokes (à gauche), 12e compagnie de campagne du génie, et de son frère, le soldat de deuxième classe (plus tard sergent) Charles Albert Stokes DCM, 51e bataillon.
Portrait des frères Stokes pris en janvier 1917. Les deux frères se sont rencontrés à Vignacourt lorsque leurs unités y étaient toutes deux stationnées en janvier 1917. AWM P10550.261.

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