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Les héros méconnus sur le front médical

Vue du champ de bataille près de Garter Point, dans le secteur d'Ypres, montrant une équipe de brancardiers australiens transportant des blessés sur un chemin de caillebotis (AWM E01127).

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Posté le 15 août 2018

Sur le front de l’Ouest, la médecine est devenue partie intégrante de la planification militaire, et les deux camps ont développé des systèmes élaborés pour évacuer et soigner leurs blessés.

La mécanisation s’est traduite par l’augmentation du nombre de blessés et des blessures à la tête souvent difficiles à soigner à cause des éclats d’obus et des risques d’infection.

Beaucoup de ces blessures sont causés par les tirs d’artillerie, les armes de plus petit calibre et le gaz toxique.

Au cours des trois ans pendant lesquels les Australiens ont servi sur le front de l’Ouest, plus de 181 000 hommes ont été blessés, et au moins 46 000 d’entre eux sont morts.

Récupérer et soigner les blessés nécessitait un système efficace de médecins, d’infirmières, de brancardiers, de conducteurs d’ambulance, d’aides-soignants et d’aumoniers.

Ce réseau s’étendait sur plusieurs niveaux : des postes de premiers soins et des ambulances de terrain, des postes de secours, des centres de tri des blessés et des hôpitaux militaires, dont un mis en place dans les caves souterraines près d’Arras.

Les brancardiers récupéraient les blessés sur le champ de bataille et les amenaient à un poste de premiers soins régimentaire (RAP). À partir de là, une ambulance motorisée les transférait vers un centre de tri des blessés (CCS) et, si nécessaire, un train médicalisé les emmenait vers un hôpital militaire pouvant accueillir jusqu’à 1 000 patients.

Ces équipes travaillaient aux côtés de travailleurs sociaux, d’aumoniers militaires et de la Croix-Rouge.

Les blessures les plus courantes se situaient aux jambes et nécessitaient souvent l’amputation, tandis que la plupart des hommes touchés au torse n’arrivaient jamais jusqu’à l’hôpital. Les blessures aux bras étaient généralement causées par des obus d’artillerie fortement explosifs.

Le personnel médical devait également s’occuper d’un grand nombre de soldats malades. Se tenir debout dans les tranchées boueuses pendant de longues périodes faisait que les soldats développaient le « pied de tranchée », une infection causant des abcès et des plaies ouvertes dans lesquels la gangrène peut s’installer.

Des brancardiers australiens ouvrent la marche avec un drapeau blanc, en passant devant le vieux cimetière de Pozières, depuis la ligne de front à proximité de la ferme du Mouquet (AWM E04946).

Sans surprise, les infirmières vêtues de blanc et offrant soins et compassion étaient souvent considérées comme des anges miséricordieux par les soldats blessés, sales et traumatisés.

L’Australie avait plus de 3 000 infirmières civiles enrôlées dans le service d’infirmerie de l’armée australienne (1903), qui faisait partie du corps médical de l’armée australienne.

De nombreuses infirmières furent décorées pour leur dévouement, 8 d’entre elles reçurent la Médaille militaire pour leur bravoure, 25 infirmières furent tuées au combat.

Parmi les emplois médicaux les plus dangereux étaient ceux de brancardier et d’ambulancier de terrain, qui devaient souvent faire de longs voyages à pied au milieu de la boue et des coups de feu.

En tant que premiers intervenants, ils entendaient souvent les jeunes soldats appeler leur famille en pleurs, particulièrement leur mère.

Les médecins risquaient leur vie pour sauver celle des autres. L’Australie envoya plus de 600 médecins australiens sur le front occidental. Certains furent tués alors qu’ils portaient secours à des blessés « à découvert ».

Certaines blessures perdurèrent longtemps après la signature de l’Armistice le 11 novembre 1918. Des hommes et des femmes souffraient de handicaps physiques, de maladies respiratoires sévères, de problèmes oculaires, de fièvres des tranchées (grippe, typhus, dysenterie et problèmes de peau liés aux poux) et de stress post-traumatique.

Le nombre d’établissements spécialisés dans les maladies mentales était limité et, en 1938, 77 000 anciens combattants incapables de travailler et 180 000 personnes à charge recevaient des pensions.

Le Repatriation Department (mis en place en 1917) fournissait des pensions, des emplois de bureau, des services de réhabilitation, des formations professionnelles, des soins médicaux et hospitaliers, des hôtels et des prothèses.

Références

Lectures supplémentaires

  • Joan Beaumont. Broken Nation: Australians in the Great War. Sydney: Allen & Unwin, 2013.
  • Robert Likeman. Australian Doctors on the Western Front: France and Belgium, 1916-1918. Sydney: Rosenberg, 2014.

 

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