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Souvenirs d'un Australien en France, 1938

Villers Bretonneux. 22 juillet 1938. La fête officielle lors de la dédicace du Mémorial australien de guerre au cimetière de Villers Bretonneux (AWM H17471).

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Posté le 7 avril 2018

En 1938, le lieutenant-colonel Ross Jacob a été invité à représenter les militaires, hommes et femmes, revenus au pays, à l’occasion de l’inauguration de l’Australian National Memorial de Villers-Bretonneux.

Il consigna ses observations à l’attention de Sir Gilbert Dyett, un associé de Sir John Monash. Cette lettre relatant son voyage vers ce qui fut le front occidental, où il commanda le 10e bataillon, est désormais conservée en Angleterre par la Commonwealth War Graves Commission (Commission des sépultures de guerre du Commonwealth). Elle permet de se figurer la cérémonie qui a eu lieu à Villers-Bretonneux il y a de cela 80 ans, ainsi que les relations avec l’Empire à cette époque.

Adelaïde, le 26 septembre 1938


À mon arrivée à Londres le 11 juillet (en raison du report de la cérémonie d’inauguration, suite au regrettable décès de la Reine mère), j’ai décidé de visiter les cimetières militaires de France et de Belgique, et j’ai été accueilli par Sir Fabian Ware, vice-président de la Commission impériale des sépultures de guerre.

J’ai passé la majeure partie de la semaine à visiter les cimetières militaires, et j’ai été fortement impressionné par le soin extraordinaire apporté à leur entretien. Ce sont tout simplement de merveilleux jardins.

À Ypres, j’ai déposé à la porte de Ménin une couronne au nom de la Ligue.

Nous avons quitté Paris le 22 juillet à bord d’un train spécial à destination de Villers-Bretonneux. La journée était magnifique le jour de l’inauguration, et j’ai eu la possibilité de disperser sur la tombe des soldats australiens les cendres des cartes et des rubans qui m’avaient été confiés par la Ligue.

Le Padre Green fit une brève allocution de circonstance, puis les cendres furent dispersées.

Sa Majesté la Reine, quand on lui a appris que j’étais l’unique représentant des anciens militaires australiens, hommes et femmes, m’a demandé si j’étais venu d’aussi loin pour assister à l’inauguration.

Lorsque je lui ai répondu : « Oui, votre majesté », elle s’est retournée vers le Roi et lui a dit : « C’est merveilleux. »

C’est alors, plus qu’à aucun autre moment, que j’ai pris toute la mesure de l’immense honneur qui était le mien de représenter les anciens militaires australiens, hommes et femmes.

Le Roi et la Reine ont passé en revue la Garde d’honneur constituée d’environ 400 soldats, et un jeune garçon français a présenté à la Reine un bouquet de coquelicots qu’il avait cueillis dans les champs alentour. On remarqua que la Reine, se trouvant alors juste derrière le Roi, lui murmurait quelque chose.

J’ai remarqué qu’il approuvait d’un signe de tête, et elle s’est avancée avec élégance et a déposé le bouquet de coquelicots sur la couronne du Roi. Elle s’est immobilisée en silence, s’est inclinée, puis a rejoint sa Majesté.

Il était réjouissant de constater le nombre de soldats qui formaient la Garde d’honneur.

Ces hommes n’étaient ni des visiteurs d’Angleterre ou du continent, ni des personnes vivant sur place . Cela faisait du bien de voir l’attention que le Roi et la Reine leur ont accordée.

J’ai quitté l’Angleterre à bord du « Queen Mary » le 3 août, et je me trouvais sur ce splendide navire lorsqu’il a battu le record entre South Hampton et New York. Un jour, il a atteint l’incroyable vitesse de 36 miles à l’heure.

J’ai été ravi de rejoindre notre vieille terre d’Australie et d’assister au bal de l’A.I.F (à Melbourne), et d’y retrouver autant d’anciens camarades soldats.

Votre dévoué,

R. B. Jacob

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