Les membres du 24e Bataillon dans une tranchée vers 13 h 20, attendant la levée du barrage d'artillerie avant l'attaque renouvelée qui conduisit à la prise du Mont Saint-Quentin par les troupes de la 2e division australienne (AWM E03138).

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Posté le août 30 2018

« Tous savaient que le Mont était une forteresse célèbre du Front de l’Ouest, et à 5 heures, à l’heure du barrage, seuls quelques officiers ou quelques hommes de rang exténués du 20è bataillon, avec environ 60 fusils, et du 17è, avec quelques 70 fusils, croyaient en leurs chances de succès »

Extrait de l’histoire officielle

Le mot mont se traduit en anglais par « mount » ou « mountain ». Bien que le mont Saint-Quentin soit une montagne en pente douce, son emplacement était hautement stratégique pour la défense allemande, et certains étaient même convaincus qu’elle était imprenable. L’attaque alliée contre le mont Saint-Quentin faisait partie d’une contre-offensive alliée plus importante pour reprendre l’avantage contre les Allemands dans les derniers mois de la guerre.

Le barrage précédant l’attaque du mont Saint-Quentin consistait en des canons de campagne et de l’artillerie lourde. Les batteries de canons de campagne employées dans l’attaque étaient placés à 25 mètres l’un de l’autre et tiraient deux coups par arme à feu par minute, tandis que les obusiers tiraient une fois par minute. La première vision du mont Saint-Quentin par les assaillants avant l’attaque fut à l’aube, quand ils l’ont vu être illuminé par les éclats sourds et les fumées brumeuses des grandes rafales de l’artillerie alliée.

L’infanterie a lancé son attaque pendant le barrage, en soumettant des poches de résistance allemande lors de leur avancée vers le mont, et en capturant un grand nombre de soldats allemands. Les assaillants ont fait preuve d’une grande bravoure dès les premiers moments de la bataille.

L’ancien chef du tramway à Sydney, Jim Rixon, a sauté avec son fusil Lewis dans un poste allemand où il a tué trois de ses occupants et capturé vingt soldats allemands.

Il y eu beaucoup d’autres actes de bravoure au cours de la bataille. À titre d’exemple, le soldat Bill Irwin, un soldat autochtone de Moree N.S.W, âgé de 37 ans au moment de son enrôlement, a été tué au combat alors qu’il courait courageusement vers une position allemande. Les Allemands se sont également battus avec bravoure, avec certains qui ont combattu jusqu’au dernier souffle. Un commandant de la batterie allemande, en charge de six canons de campagne et d’une partie de l’infanterie, se battit courageusement jusqu’au bout avec son revolver, avant d’être abattu par les assaillants.

Les membres du 24e bataillon d'infanterie se reposant sur la ligne de front, après avoir traversé la Somme pour se joindre aux opérations au Mont St Quentin (AWM E03202).

Les Australiens s’emparèrent de la tranchée de Gottlieb, l’un de leurs objectifs, alors que le barrage continuait de faire pleuvoir de puissants explosifs sur les positions allemandes voisines. La même détermination continua au point que quelques hommes se sont vus décerner la Croix de Victoria.

Le sergent Arthur Hall, qui avait perfectionné ses talents de tireur en abattant des kangourous sur les terres rurales qu’il gérait près de Nyngan N.S.W, et le caporal Alex Buckley, un autre fermier, traquèrent, chassèrent et abattirent les occupants des mitrailleuses allemandes jusqu’à ce qu’un barrage leur fasse cesser leur poursuite. Les deux hommes ont reçu la Croix de Victoria, mais Buckley fut tragiquement tué au combat le 1er septembre 1918.

Robert Mactier, orignaire de Tatura, la zone de culture fruitière de la vallée de Goulburn à Victoria, reçu également la Croix de Victoria, qui lui a été décernée à titre posthume.

Finalement, les défenseurs allemands du mont ont été tués ou capturés, tandis que d’autres se sont enfuis.

Des membres non identifiés du 28e bataillon en route pour participer aux opérations au Mont St Quentin (AWM E03205).

La rapidité avec laquelle l’attaque avait atteint ses objectifs stupéfia les commandants de bataillon. Le général Rawlinson, qui reçut un coup de fil de son chef de cabinet alors qu’il s’habillait pour la matinée, jugea que la performance était extraordinaire.

L’exploit fut d’autant plus célébré qu’il avait été réalisé par à peine 550 hommes, appuyés de près par 200 autres. Cette petite force avait fait plus de 700 prisonniers et tué de nombreux défenseurs allemands.

Cependant, la bataille n’était pas totalement finie, car les Allemands lancèrent une contre-attaque furieuse contre les Australiens qui se trouvaient maintenant au mont Saint-Quentin. Les Allemands réussirent à reprendre le mont, mais ils furent à leur tour repoussés de la montagne par une contre-attaque australienne. Les assaillants reprirent le contrôle de la plupart des terres qu’ils avaient conquises lors de l’assaut initial. La victoire revêtait une très grande importance stratégique.

« Le Mont Saint-Quentin occupait une place centrale dans la dernière position défensive officielle des Allemands, avant que la prise de la ligne d’Hindenburg et les avancées de la Troisième Armée britannique plus au nord forcent les Allemands à effectuer un retrait majeur. »

Monash, le tacticien était, à n’en point douter, fier de la victoire. Dans une lettre adressée aux siens, il informa sa femme et sa fille des honneurs que l’AIF avait reçues après la bataille, en relatant par écrit comment les journaux anglais avaient décrit la bataille du mont Saint-Quentin comme le plus grand fait d’armes de la guerre.

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