Histoire

Retour à la salle de presse

Fromelles – « les pires 24 heures de l'Australie »

Portion de la 2e ligne allemande tenue par le 31e bataillon, AIF, pendant la nuit de la bataille de Fleurbaix qui a eu lieu les 19 juillet 1916 et 20 juillet 1916 (AWM A01562).

Actualités

Posté le juillet 19 2018

« Le carnage et la confusion étant pires que jamais, nous avons décidé de… Faire quelque chose. Surmontant le parapet, nous avons découvert dans ce « no man’s land » une sorte d’enfer sur terre, essentiellement dû aux gémissements des blessés qui étaient trop nombreux pour s’enfuir et aux tirs de barrage qui étaient trop puissants »

Journal intime de Sidney Donnan, 1 re section de la 14e compagnie de campagne du génie

L’attaque de Fromelles du 19 juillet 1916 fut la première grande bataille à laquelle participèrent les troupes australiennes sur le front occidental. La 5e division, qui mena l’attaque, était un mélange d’anciens combattants de la bataille de Gallipoli et de renforts nouvellement formés.

L’attaque, destinée à servir de stratagème pour retenir les réserves allemandes en provenance de la Somme où la première offensive des Alliés avait commencé le 1er juillet, avait failli à ses objectifs et causé tragiquement des pertes catastrophiques dans la 5e division australienne.

Avant le début de l’attaque de Fromelles, le sous-lieutenant Waldo Zander de Sydney, un officier du 30e bataillon, se rappelait à quel point il était troublé par les messages contradictoires qui lui étaient transmis, à lui et ses hommes. Il avait également noté que malgré les appels au secret, il avait entendu des citoyens français dans les estaminets locaux demandant quand aurait lieu le grand jour.

La bataille n’allait jamais être la surprise que les Alliés espéraient à cause des points d’observation allemands habilement situés, certains étant camouflés dans les arbres et observant les zones de rassemblement des troupes.

L’attaque de Fromelles commença à 18 h 00, ce qui offrit une bonne visibilité aux troupes allemandes de défense. Les défenseurs allemands appartenaient à la 6e division de réserve bavaroise, une unité puissante, bien disciplinée, et expérimentée. Lors de leur première véritable attaque sur le front occidental, les Australiens s’y lancèrent. Bien que subissant des pertes terribles, ils s’en sortirent plutôt bien lors de cette première étape et écrasèrent la ligne de front allemande.

Opérant au niveau du renseignement concernant les positions allemandes, les Australiens se lancèrent ensuite dans une attaque ayant pour objectif de s’emparer la troisième et dernière ligne allemande. Les assaillants australiens se heurtèrent au fait qu’il n’y avait pas de troisième et dernière ligne allemande. Ce que les Australiens croyaient être cette troisième ligne d’après la reconnaissance aérienne était simplement des fossés désertés. Les assaillants australiens formèrent leurs propres postes de défense du mieux qu’ils purent, dans une position indéfendable.

Lorsque les Australiens lancèrent leur offensive sur l’obstacle défensif du « pain de sucre », une position décrite comme « un haut rempart de béton truffé de mitrailleuses », ils furent pratiquement décimés en 15 minutes, après avoir quitté leurs propres lignes. Le caporal Hugh Knyvett du 59e bataillon nota,

Les hommes du 53e Bataillon attendent de mettre leur équipement pour l'attaque de Fromelles. Seulement trois des hommes montrés ici sont sortis de l'action vivants, et ces trois ont été blessés (AWM A03042).

« Si vous aviez réuni les réserves d’un millier de boucheries, découpées en petits morceaux et éparpillées un peu partout, cela vous aurait donné une vague idée de la pagaille que représentaient ces tranchées. »

Les Allemands avaient survécu au flot britannique préalable de manière presque intacte. Le même traitement avait été infligé aux troupes britanniques qui avaient attaqué le sud du « pain de sucre », et avaient été abattues similairement comme du blé passant sous une moissonneuse.

Un deuxième assaut coordonné par les Britanniques pour prendre le « pain de sucre » conduisit à une autre offensive australienne fermement abattue par les Allemands. Tragiquement dans ces circonstances, même si les Britanniques avaient ensuite annulé l’attaque, cette information n’avait pas été communiquée à temps aux unités australiennes.

Le matin du 20 juillet, les unités australiennes anéanties se retirèrent sinistrement du champ de bataille en direction des lignes alliées.

Prisonniers de guerre australiens arrivant à la station de rassemblement allemande dans la matinée du 20 juillet lors de la bataille de Fromelles qui eut lieu les 19 juillet 1916 et 20 juillet 1916 (AWM A01546).

Fromelles est généralement considérée comme les pires 24 heures de l’histoire militaire australienne, et viscéralement décrite par Pompey Elliott, commandant de la 15e brigade de la 5e division, comme un « avortement tactique ». Avec plus de 5 500 pertes australiennes en une seule nuit et une matinée, et 470 Australiens capturés, cela est peut-être une description pertinente d’un officier qui accueillit ses hommes qui revenaient du front avec des larmes coulant sur son visage, et dont la mort prématurée en 1931 a été attribuée par certains à la débâcle de Fromelles.

Site by Swell Design Group