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Des lettres du pays pour garder le moral

Crédit : Jeff Brownrigg

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Posté le octobre 17 2017

La livraison du courrier était un moment important pour le maintien du moral des troupes, permettant aux soldats de garder un lien avec le monde qu’ils avaient laissé derrière eux.

Écrire aux soldats était considéré par de nombreux Australiens comme un devoir patriotique, à l’image de Miss Phyllis Lynch, qui prenait cette tâche très à cœur. Au cours de la guerre, elle a entretenu une correspondance avec 15 soldats, aussi bien des membres de sa famille, des proches, des connaissances ou des étrangers, et reçu plus de 200 lettres en retour. Ces lettres font aujourd’hui partie de la collection du mémorial national australien.

Ces lettres, cartes postales ou télégrammes témoignent des histoires et des sentiments de soldats restés, pour certains, trois années consécutives au front. Ils y partagent leurs espoirs, leurs peurs et leurs rêves de retour en Australie.

Nous avons peu de détails sur ces soldats : la plupart du temps, ils étaient uniquement appelés par leur prénom, tel que Len, qui écrivit le 23 décembre 1916 :

« Chère Phyll, je voulais juste vous souhaiter un Joyeux Noël et une très belle année. Je suis un peu en retard, la journée se termine, mais je n’ai pas trouvé de carte avant. Mon pied est presque guéri … j’y retournerai bientôt. »

 

Son cousin Sam lui écrivit également d’un hôpital londonien : 

« … À l’hôpital. J’imagine que ça semble terrible de là où vous êtes, mais je vous assure qu’il s’agit de l’endroit le plus confortable que j’ai connu depuis deux ans. »

 

Pour mettre cette déclaration en perspective, voici une description de George Davey sur les conditions au front, faisant référence aux troupes allemandes en utilisant le terme « Fritz » :

« Cela fait presque 10 jours que je ne me suis ni lavé, ni rasé. Je peux à peine marcher, et les Fritz font un concours à qui me déversera le plus de boue dessus. »

 

C’était sans doute un sentiment de familiarité qui réconfortait le plus ces hommes, lors de la lecture des lettres et de la rédaction des réponses.

 

« Fred », de « Quelque part France » (localisation inconnue due à la censure militaire) écrivait en 1917 :

« Ainsi, en voyant la photographie que je vous ai envoyée, vous m’avez trouvé grossi ? »

 

La vie de Miss Lynch après la Première Guerre mondiale ne nous est pas entièrement connue, mais la collection de lettres qui lui furent envoyées et maintenant détenues par le mémorial national australien constitue un témoignage émouvant pour les générations futures.

Ces lettres sont comme une bulle temporelle, nous donnant à voir non seulement des hommes menant une guerre, mais nous brossant également le portrait du tempérament australien à un moment clé de l’histoire de cette jeune nation.

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