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Comment les soldats ont-ils rejoint le front de l'Ouest ?

Des soldats, dont certains ont le mal de mer, sur le pont du Ballarat, en 1915 (AWM A00887).

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Posté le 14 juillet 2018

Durant la Première Guerre mondiale, le gouvernement australien réquisitionne des dizaines de navires marchands pour transporter les troupes.

En plus de convoyer des soldats, des chevaux et du matériel militaire, les navires transportent de la laine, des métaux, de la viande, de la farine et d’autres denrées alimentaires, principalement en Angleterre et en France.

La flotte se compose de paquebots anglais et de quelques navires pris à l’ennemi ; elle est baptisée le « transport australien de Sa Majesté » (HMAT).

Pour beaucoup d’Australiens engagés dans la Force impériale australienne, la trajet vers le front de l’Ouest, en France et en Belgique, est le voyage le plus long et le plus marquant de leur vie.

Le lieutenant John Maguire, originaire de Bowen Vale, dans l’État de Victoria, rejoint l’Europe en deux étapes. Il prend d’abord l’Afric le 5 janvier 1916, avant de débarquer en Égypte pour s’entraîner. Ensuite, en mars, il embarque sur le Megantic, un ancien paquebot britannique, en direction du port de Marseille, dans le Sud de la France.

Dans son journal, le lieutenant Maguire écrit :

« J’ai enfin le temps de parler du Megantic. Ce beau bateau est un ancien navire de croisière reconverti dans le transport de troupes. Il a une cheminée et un déplacement d’environ 1 600 tonnes. Il dispose de quatre ponts… nous sommes bien au-dessus du niveau de la mer. Le canon est monté à la poupe et nous avons quatre mitrailleuses à bâbord et à tribord… »

Les sous-marins et les U-boats allemands sont le principal danger. John Maguire raconte qu’une vigie scrute la mer 24 h sur 24 pendant la traversée vers la France.

Il n’y a pas grand-chose à faire pendant le voyage de sept jours, à part procéder à des inspections, monter la garde et participer à la détection des U-boats.

À Marseille, John Maguire croise des Français pour la première fois : « Ils ont des uniformes étranges. Ils portent d’amples pantalons rouges, des manteaux bleu ciel avec des rabats boutonnés dans le dos et des casquettes de facteur, également bleues. Un Français avec un chapeau en forme de crête, comme celui de Napoléon, est venu à bord pour changer notre argent en francs… »

De Marseille, John Maguire fait un long voyage en train vers le nord, jusqu’à Saint-Omer, pour rejoindre son cantonnement près d’Armentières.

En chemin, il traverse la vallée du Rhône et Lyon : « Les gens nous ont réservé un accueil chaleureux. Je les voyais agiter des serviettes, des chapeaux dans toutes les sens… On a traversé Lyon un dimanche à midi. Bon sang, c’est une grande ville. D’après ce que j’ai vu, elle fait de l’ombre à Melbourne. Il y a de grandes avenues propres, avec de magnifiques bâtiments et des jardins. »

Le périple de John Maguire se termine par une marche de 15 km de Saint-Omer jusqu’à un village situé à environ 8 km de la ligne de front : « Nous sommes logés dans une grange… J’entends les gros canons tonner. La nuit, c’est pire. Ça fait trembler les murs de notre grange. »

Le lieutenant John Maguire est tué à la bataille de Broodseinde, en Belgique, le 4 octobre 1917.

John Maguire n’a pas de tombe connue. Son nom est gravé sur le monument aux morts de la Porte de Menin à Ypres, en Belgique. Son journal est conservé au mémorial australien de la guerre.

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