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Centenaire du rapatriement : cela a commencé par un retour au pays

Les amis et les membres de la famille attendent le retour des hommes grièvement blessés, Sydney, juin 1919 (AWM H11576).

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Posté le avril 8 2018

Il y a cent ans, l’Australie créa le service du rapatriement pour entreprendre la lourde tâche consistant à « rétablir la santé des hommes », suite à la Première Guerre mondiale.

Lorsque l’armistice fut déclaré, plus de 160 000 hommes retournèrent progressivement en Australie, et eurent besoin de nourriture, d’un logement, d’un traitement médical, d’un emploi, et d’une formation.

La création du nouveau service fut assignée au sénateur Edward Millen, qui fut ministre de la Défense au moment du déclenchement de la guerre, et qui estimait que le rapatriement était une « émanation du cœur… méritant jusqu’au dernier shilling ».

La démobilisation sur le front occidental et en Égypte nécessita également un commandant militaire doté d’une énergie, d’une expérience, et d’une intelligence exceptionnelles.

Le général John Monash prit ses fonctions en décembre 1918, un mois après l’armistice.

Le général Monash supervisa le retrait des soldats australiens, et les installa en Angleterre où ils prirent part à des programmes d’éducation et de reconversion.

En utilisant les navires qu’il avait réquisitionnés sur le marché, il rapatria vers l’Australie 500 anciens combattants en moyenne chaque jour.

La couverture du premier numéro de la revue Rapatriation, publiée en 1919. Les vingt-deux numéros du bulletin mensuel ont été numérisés et sont accessibles à la Bibliothèque nationale.

La démobilisation était censée durer deux ans, mais Monash accomplit la mission en dix mois, une prouesse décrite par les historiens Clem Lloyd Jones et Jacqui Rees comme « un exploit gigantesque ».

Monash aborda la démobilisation tel un problème psychologique qui nécessitait une « reconstruction morale », en gardant les hommes dispersés, concentrés sur leur citoyenneté future, et en les consultant ouvertement à propos de leur reconversion.

Toutefois, le processus n’était pas sans difficultés, et Monash connut une « clameur importante » de la part des anciens combattants qui souhaitaient un rapatriement rapide pour des affaires urgentes, des raisons familiales, et des motifs éprouvants.

Certains voyagèrent à travers la France et la Grande-Bretagne alors qu’ils attendaient leur transfert, et beaucoup d’entre eux se marièrent, et retournèrent en Australie accompagnés de leur nouvelle famille.

Une difficulté logistique supplémentaire fut l’épidémie de grippe espagnole, une pandémie mortelle qui se répandit rapidement en raison des mouvements de troupes et du surpeuplement au cours de la guerre.

En Australie, une quarantaine maritime fut instaurée, et la circulation entre les états fut restreinte.

Une fois que les anciens soldats et les infirmières arrivaient chez eux, ils essayaient de reprendre le fil de leur vie passée, y compris en matière d’emploi et de relations.

Soldats de la Première Guerre mondiale rentrés aux fenêtres de la section d'emploi du service de rapatriement à Melbourne, Victoria (AWM H13027).
L'Anzac Hostel de Brighton, créé par le service de rapatriement pour les hommes blessés et ayant besoin de soins permanents, a été conçu pour être plus confortable et l'atmosphère moins institutionnelle qu'un hôpital. (AWM P03098.005)

Le Premier ministre Billy Hughes mit en place un plan économique qui promettait, dit-il, une « terre adaptée aux héros » – ce plan comprenait le programme d’établissements de soldats, qui fut accepté par 37 000 soldats à leur retour de service.

Cependant, la plupart d’entre eux étaient fébriles suite à leurs expériences de guerre, et au moins 170 000 d’entre eux étaient blessés, malades, affectés par les gaz, invalides, ou traumatisés.

Le service de rapatriement aida des anciens soldats et des infirmières à trouver un emploi rémunéré, malgré le taux de chômage qui oscillait autour de cinq pourcents durant les années d’après-guerre en Australie.

Le service accorda également des pensions, des allocations, et d’autres avantages, et fournit des traitements et des services par le biais de ses hôpitaux, de ses institutions, et de ses installations communautaires. Cette assistance s’étendait aux anciens combattants, leurs personnes à charge, et leur veuve.

Le ministère des Anciens Combattants poursuit désormais son rôle, en procurant un soutien essentiel aux personnes ayant servi l’Australie au cours des guerres, des conflits, et des opérations de maintien de la paix.

Le personnel du ministère dans les années 1930 gère les dossiers de rapatriement. Maintenir des fichiers pour des centaines et des milliers de clients à cette époque avant l'ère numérique était une tâche importante.
Références

Lecture complémentaire

Clem Lloyd et Jacqui Rees : The Last Shilling: A History of Repatriation in Australia. Melbourne University Press – Carlton, Victoria – 2017.

Philip Payton ‘Repat’ A Concise History of Repatriation in Australia. Published by the Department of Veterans’ Affairs, 2018

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