Histoire

Retour à la salle de presse

Les permissions, un semblant de vie normale

AWM E00048

Actualités

Posté le décembre 30 2017

Une grande partie de l’histoire de la Première Guerre mondiale se concentre sur les batailles, mais comment les soldats australiens ont-ils occupé le reste de leur temps ?

Les soldats ont passé la moitié de leur temps à se battre sur le front, tandis que le reste était consacré au travail manuel, à l’entraînement ou au repos, ce qui pouvait inclure la visite de lieux d’intérêt, la rédaction de journaux intimes ou de lettres, ou encore profiter de l’hospitalité locale.

Le repos était officiellement reconnu par l’armée britannique comme étant important pour obtenir des performances de pointe, aussi les bataillons alternaient-ils entre la ligne de front et les fermes, les granges et les villages.

Certains logements étaient froids et rudimentaires, ne consistant en rien d’autre que de la paille, tandis que d’autres étaient confortables, avec un hôte obligeant.

Le cantonnement était l’une des principales formes d’interaction entre les soldats et les civils, et de nombreuses relations étroites se nouèrent, en particulier à Villers-Bretonneux, où les citadins attribuaient aux Australiens leur survie.

L’historien Scott Bennett a écrit que la ville d’Amiens ne semblait pas touchée par les combats, mais que sous la façade se trouvaient les sinistres « marques de la guerre ».

Il n’y avait pas de jeunes hommes, seulement des vieillards, des femmes et des enfants, et beaucoup de veuves et d’orphelins », écrivit le soldat Albert Coates.

 

Ce bref retour à la propreté, à la normalité, a peut-être rappelé aux soldats la vie qu’ils menaient autrefois. – Jessica Bretherton, « Life in the Rear ».

L’absence de jeunes hommes fut renforcée lorsque les Australiens cherchèrent des cantonnements auprès de civils français : « Chambre, monsieur – oui, il y a la chambre de mon fils qui a été tué à Argonne – ou de mon mari qui a été tué à Verdun.  »

Les jeunes manquaient de figures paternelles, tandis que les soldats australiens s’ennuyaient de leur famille. Les jeux étaient un moyen privilégié pour oublier les traumatismes de la guerre.

Les troupes australiennes appréciaient les plaisirs simples, comme se détendre dans un estaminet, assister à la projection d’un film ou d’un spectacle de variétés, jouer au football, ou prendre un bain chaud et changer d’uniforme.

L’éducatrice Jessica Bretherton, qui a fait des recherches sur les lettres et les journaux intimes des soldats à l’Australian War Memorial, a découvert que le bain apparaissait dans leurs correspondances.

« L’hygiène corporelle semble être très importante pour la plupart des soldats. … Le processus de nettoyage de la boue et de la crasse peut être considéré comme représentant … le nettoyage … des horreurs de la bataille. Ce bref retour à la propreté, à la normalité, a peut-être rappelé aux soldats la vie qu’ils menaient autrefois ».

Références
  • Scott Bennett. Pozières: The Anzac Story. Carlton North: Scribe, 2011.
  • Jessica Bretherton. “Life in the rear: Estaminets, billets, and the AIF on the Western Front, 1916-18.” Canberra: Australian War Memorial, 2013.
  • Robert Stevenson. To Win the Battle: The 1st Australian Division in the Great War, 1914-1918. Port Melbourne: Cambridge University Press, 2013.

Site by Swell Design Group