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La cote 60: le sommet de la guerre souterraine

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Posté le novembre 15 2017

“Messieurs, nous n’écrirons peut-être pas demain l’histoire, mais nous modifierons sûrement le paysage.”

Le général britannique Charles Harington prononça ces mots alors que des unités de tunnelage sous les lignes allemandes étaient sur le point de provoquer l’une des explosions de nature non nucléaire les plus fortes de tous les temps.

En 1917, les pertes étaient lourdes durant la première guerre mondiale, et les gains étaient minces. Les deux côtés devaient percer à travers les positions retranchées de l’ennemi.

Il ne fallut pas longtemps avant que soit employée la tactique de miner sous les lignes ennemies, en plaçant des explosifs avant de les faire exploser.

Ce travail spécialisé mettait les nerfs à vif, était difficile et dangereux, et il convenait parfaitement, pensait-on, aux mineurs de fond du civil.

Les registres militaires montrent que les “soldats souterrains” australiens venaient de villes minières telles que Mount Morgan, Gympie et Charters Towers.

Le corps de sapeurs australiens fut établi en 1915 puis réorganisé en quatre unités.

Ils renforcèrent les Britanniques pour leurs opérations de tunnelage, notamment à la Cote 60, un point stratégique près de Ypres, en Belgique.

La Cote 60 avait été capturée par les Allemands lors de la première bataille d’Ypres en 1914. Les Britanniques attaquèrent un an après, sans succès, et la Cote 60 demeura entre les mains des Allemands jusqu’à la bataille de Messines en 1917.

Les sapeurs étudièrent les ondes sonores dans le sol et travaillèrent dans des sables mouvants, de la craie et de l’argile. Il faisait froid, il y avait peu d’espace et les galeries étaient souvent inondées, provoquant des taux importants de “pied des tranchées”, un type d’engelure.

Des équipes de trois se remplaçaient de manière continue, et comprenaient habituellement un “kicker” couché à l’avant à un angle de 45 degrés, un “bagger” qui remplissait des sacs de sable, et un “trammer” qui dégageait les déblais sur un chariot et revenait avec du bois.

Les sapeurs devaient demeurer immobiles et silencieux, écoutant le moindre son provenant des sapeurs ennemis. Des voix ou le bruit d’une pelle pouvaient signifier qu’une équipe ennemie était proche.

Leur rôle fut essentiel, et ils firent détonner d’énormes mines à plus de 17 mètres au-dessous des fortifications allemandes.

En tout, les unités de tunnelage britanniques firent exploser 750 mines le long des 160 kilomètres de leur ligne de front, et les Allemands répondirent avec 700.

Juin 1917 constitua l’heure de gloire des Australiens. Ils firent exploser 19 mines à la Cote 60, qui eurent des effets dévastateurs et un impact qui, dirent certains, fut ressenti à Londres.

La bataille de Messines fut considérée comme un succès britannique qui donna un important coup de fouet au moral des Alliés. Les pertes furent importantes : 25 000 soldats allemands et 17 000 soldats alliés.

Durant de nombreuses années, les mineurs militaires australiens qui livrèrent une “guerre fantôme” sous terre furent oubliés.

Leur épopée fut présentée à un plus grand public en 2010 grâce au film Commandos de l’ombre, et elle est racontée sur l’Australian Remembrance Trail sur les lieux du front occidental, Plugstreet 14-18 Esperience à Ploegsteert, en Belgique.

Une affiche de recrutement du gouvernement a attiré sur le succès des Australiens à Hill 60 (AWM ART V00140)
Plugstreet 14-18 Experience, un centre semi-souterrain, raconte l'histoire des Australiens dans les catacombes.

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